Propos liminaires
D'une façon générale, je suis d'accord avec
:
- les constats (causes et effets),
- le décalage que vous soulignez entre
l'urgence et le volontarisme des actions à mener d'un côté et la
tiédeur des moyens mis réellement en oeuvre par les pouvoirs publics
(administrations et élus),
- et les propositions que vous
préconisez pour sortir de l'impasse dans laquelle nous ont conduit la non
application de certaines directives européennes qui n'ont pas été
traduites en droit français, et il faut le reconnaître,le manque de
courage politique de nombreux élus..... Car il faut du courage pour
appliquer les grands principes...
Dans mon propos liminaire, j'aimerai aborder le
problème de l'urbanisation qui impacte autant l'agriculture que l'immobilier car
l'explosion des prix du foncier freine voire interdit la transmission ou la
reprise de nombreuses exploitations agricoles(alors que depuis 1977 le nombre
des exploitations a été divisé par 3 ; aujourd'hui, 2 exploitations sur 3 ne
trouvent pas de repreneur, le prix du foncier agricole subissant aussi de plein
fouet la pression foncière) de dimensions familiales qui vont ensuite aggraver
encore le modèle du gigantisme agricole ; et génère une
véritable ségrégation sociale de l'accès au foncier et à l'immobilier dans
les zones urbaines et littorales.
Exemple comparatifs d'urbanisation annuelles
:
Allemagne............................82 millions
d'habitants..........................250 KM2/an,
France...................................62
milllions d'habitants.........................600 KM2/an
Bretagne (administrative)....3 millions
d'habitants.....................25.000 hectares/an
1) Pollutions des eaux douces
et eaux de mer
Pour moi, la reconquête de la qualité de l'eau, de
la source à l' océan, passe par la régionalisation des aides européennes
(PAC ) destinées à l' agriculture.
Aujourd'hui gérées par l' Etat à travers les
préfectures et les Chambres d'agricultures aux mains de la FNSEA acquise
au modèle agricole dominant, à savoir l'intensif, ces aides
profitent pour 80% à 20% seulement des exploitants agricoles
les plus possédants autant en foncier qu'en cheptel.
Dans le même temps, la France n' a jamais utilisé
les articles 19 et 21 du règlement communautaire concernant les fonds
européens destinées à la protection de l' environnement et aux pratiques agricoles
vertueuses.
La France a refusé également
d'appliquer l'article 40 et perverti sa traduction du découplage des aides
de la PAC prévue par l' Europe pour préserver l'environnement, pour mettre un
terme à l'intensification et à la surproduction (sous la pression de l' OMC) ;
perversion qui a pris la forme d'une discrimination et d'une spoliation
des agriculteurs pionniers engagés dans des démarches bios et
durables.
La régionalisation des aides PAC permettrait de
choisir le préventif au lieu du curatif. A l'exemple de ce qui se fait
depuis plus de 20 ans en Allemagne où les villes de Munich et d'Ausburg où le
service de l'eau est en régie municipale ; où en 1984 il y avait 48mg de
nitrates par litre d'eau au robinet ; où par la contractualisation progressive
en bio sur 18 ans sur les bassins versants ; aujourd'hui, l'eau du robinet
titre 0mg de nitrate sans traitement ; et où cela c'est fait sans disparition
d'exploitations agricoles toutes maintenues et toutes économiquement viables
(sans intrants, ni pesticides, ni azote, ni...ni...)
La recontitution du bocage permettrait en plus de
la retenue naturelle des eaux (prévention des inondations), le filtrage de
celles-ci et la reconstitution d'une forêt linéaire composée d'essences locales
et diverses (y compris des fruitiers tels les merisiers qui ont pratiquement
disparus de nos talus) qui bien gérées , alimenteraient l'économie du bois de
construction et du bois de chauffage.
L'accès au foncier agricole pourrait être facilité
par l'action de l' Etablissement public foncier régional (EPFR) financé par des
fonds publics et par l'aide publique apportée sous forme d"ingeenerie financière
aux GFA, groupements fonciers agricoles.
il appartient aussi aux maires et président de communautés de communes lors de l' établissement des PLU ( Plan locaux
d'urbanismes) et des SCOTT (schéma de cohérence territoriale) de prendre
réellement en compte l'impact de l'urbanisation résidentielle et commerciale, et
des infrastructures de transports sur les surfaces agricoles ; voir les chiffres
comparatifs cités plus haut entre l' Allemagne, la France et la
Bretagne..
Décharges et
déchets
Le législateur pourrait , comme cela se fait au
Danemark, contraindre les producteurs et les diffuseurs de produits conditionnés
sous verre, à consigner ceux-ci et donc à les reprendre (bouteilles, pots de
yaourts,...; le retour à la bougie diraient certains ; mais système encore en
place en France il n'y a pas si longtemps...).
L'avenir passe par une réduction drastique des déchets à
la source, donc dès la conception des produits pour des produits durables,
réutilisables et recyclables ; et surtout pour beaucoup moins d'emballages....
et par exemple, une eau de qualité au robinet, ce sont des millions
de bouteilles en plastique en moins.
Les centres d'enfouissements et les incinérateurs font
courrir des risques à la santé et à l'environnement (sans compter
les énormes investissements nécessaires : soit entre 50 à 70 millions d'euro
pour un incinérateur, sans compter les frais de fonctionement ; et alors que le
cout du traitrement des ordures ménagères coûte en moyenne de 70 à 100 euro par
an et par personne) ; il faudra donc changer de paradigme : consommer mieux pour
jeter moins...; et pour payer au poids les déchets que nous rejetons ?
cela nous apprendrait à nous respopnsabiliser individuellement et
collectivement.
Enfin , pourquoi ne pas imaginer la valorisation
systématique des déchets organiques transformés en compost soit au niveau
individuel soit au niveau collectif ?.
Protection du
littoral
Au delà des constats et des solutions que vous
préconnisez :
- une augmentation significative des budgets de
fonctionnement et d'acquisition du Conservatoire du littoral ;
- l'obligation pour les communes de soumettre leurs
PLU et SCOTT au Conservatoire pour avis ;
- une fiscalité différenciée qui taxerait plus
lourdement et significativement les propriétaires de résidences
secondaires, et le produit de cette fiscalité différenciée servirait à financer
l'acquisition de foncier et à le rendre accessible à la construction pour les
populations qui aujourd'hui ne peuvent plus vivre et travailler sur le même
territoire et sont contrains à une mobilité de plus en plus grande (avec comme
effet secondaire pervers, la consommation de produits pétroliers pour ces
déplacements lieu de travail-lieu de vie)
- l' EPFR qui devra être un véritable outil au
service d'une politique sociale volontariste et équilibrée permettant la
constitution de réserves foncières destinées aux plus défavorisées par le
logement social locatif ou l'accès à la proprièté sociale, et destinées
aussi à favoriser la reconstitution de foncier agricole pour pouvoir maintenir
la présence d'activités agricoles dans la bande littorale ;
- et tout simplement l'application des lois
actuelles par des élus littoraux qui sont souvent laxistes ou
fatalistes.
Conclusion
Devant l'ampleur et l'urgence des mesures à prendre, il va
falloir des députés conscients, déterminés et motivés !
Soyez assurés que si je suis élue députée, j'agirais pour
que le monde de demain soit autre, qu'il y ait une véritable réconciliation
entre l'homme et son environnement, que les valeurs de solidarités, de respect
de l'autre et de la diversité, d'humanisme, d'écologie remplacent les valeurs
qui sont mises au pinacle aujourd'hui (l'individualisme, le repli identitaire et
la peur de l'autre, la course à l'argent et à la réussite sociale, le toujours
plus...)
Bonne chance dans vos combats qui sont aussi les
notres.
Mona BRAS